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Chennai

Chennai, la ville où il faut être

 

Par













Jérôme RODRIGUEZ
CCEF Section Inde
Directeur SOCOMEC Inde


Patrick MARTINENT
CCEF Section Inde
Directeur MeghaConsulting

Nicolas BEAUMONT
CCEF Section Inde
Directeur MICHELIN Inde

 

 

Chennai, ville port construite autour d'un fort anglais dans l'Inde du Sud, capitale du Tamil Nadu est l'une des villes les plus développées de l'Inde. Forte d'un cadre propice à la croissance, cette ville présente une opportunité aux géants industriels désireux de pénétrer le marché indien.


Chennai est bien reliée aux autres villes indiennes par route et rail, et fait partie du Quadrilatère d'or , réseau routier reliant les quatre métropoles indiennes : Delhi, Mumbai, Chennai et Kolkata. Chennai, deuxième plus grand port du pays, est desservie par un aéroport international. La ville abrite de nombreuses écoles d'ingénieurs y compris des centres d'excellence comme le prestigieux IIT et l'université Anna, ce qui garantit une main-d'œuvre qualifiée et abondante. L'ensemble de ces atouts, ajoutés aux relations harmonieuses existantes entre partenaires sociaux, font de Chennai une ville idéale pour les entreprises internationales souhaitant s'implanter en Inde.


Modernité et tradition, mélange gagnant


Du point de vue culturel, Chennai présente aussi quelques particularités intéressantes, à commencer par la pratique du tamoul, la langue vivante la plus ancienne du monde, jalousement protégée de l'hindi. Pendant la dernière décennie, la culture de travail indienne a connu de profonds changements du fait des exigences de l'économie mondiale. Dans l'Inde du sud, cette évolution se fait dans le respect des valeurs culturelles et traditionnelles de la population qui est d'une grande diversité. Par exemple, tout projet de construction doit être précédé d'un Bhoomi Pooja - un rituel lors duquel on demande à la déesse de la terre Bhoomi de bénir le projet. Cette cérémonie se déroule à une date propice pour s'assurer que les travaux se déroulent sans encombre, avec la bienveillance des dieux.


Et les dieux se sont montrés bienveillants en attirant sur Chennai quelques grands noms de l'industrie automobile, Hyundai, Ford, Nissan, BMW, Daimler... qui investissent des milliards de dollars dans des usines ultramodernes. Chennai, le « Détroit » de l'Inde, comme on l'appelle aux Etats-Unis, fabriquent désormais plus de voitures que n'importe lequel des états américains : 1,5 million d'automobiles, l'an dernier, principalement des petits modèles adaptés au marché indiens. Les autres secteurs économiques ne sont pas en reste. Dans les télécoms, Nokia a vu juste en choisissant Chennai pour son usine qui fêtait en mai dernier son cinq cent millionième téléphone portable.


L'informatique et les services financiers prennent aussi leur part. Malgré une alternance politique régulière au gouvernement du Tamil Nadu, les investissements en infrastructure pour le développement des activités de services, se poursuivent sans heurts. C'est le cas de l'IT corridor, une avenue aménagée sur 45 kilomètres pour accueillir les grandes sociétés de services telles que Paypal, Ebay, Cognizant, Citibank, Steria...


Chennai, not Madras...


Depuis la fin de l'empire britannique, l'Inde a entrepris de changer le nom de ses villes, soit pour leur redonner leur nom original, soit pour adapter l'orthographe du nom à la prononciation dans le langage local, soit encore pour changer un nom perse ou mogol en nom indien.


En 1996, la ville de Madras, devient Chennai, et reprend un nom légitime aux yeux de ses habitants. Cette ville qui compte parmi les quatre métropoles indiennes perd du même coup une certaine notoriété hors de l'Inde, la majorité des occidentaux étant familiers avec le nom de Madras, et étrangers à celui de Chennai...


A proximité de Chennai, Pondichéry en revanche continue à profiter de sa visibilité. Cet ancien comptoir français sur le Golfe du Bengale attire un nombre croissant de touristes, il attire aussi et surtout toute l'attention de la France avec ses institutions, ses écoles, consulats, musées... Il faut préciser que Pondichéry compte aujourd'hui une population française de l'ordre de 7000 habitants, beaucoup d'entre eux étant descendants d'Indiens ayant choisi la nationalité française suite à la cession des établissements français à l'Union indienne en 1956.


Chennai reçoit sans faire de vague des investissements étrangers venant de tous pays, dont beaucoup d'investissements français. Malgré cela, la ville souffre d'un déficit de visibilité certain, les délégations officielles, et autres institutions françaises laissant leurs projecteurs braques sur Delhi, Mumbai et Bangalore.


Pourtant, la France y est remarquablement présente. Sur les 750 implantations françaises recensées dernièrement en Inde, 80 sont à Chennai ou alentour. Les plus gros investissements français en Inde: Michelin, Renault Nissan, et beaucoup d'autres viennent s'y installer, complétant ainsi une liste fournie d'entreprises telles que Saint-Gobain, Valeo, Alstom, déjà présentes depuis longtemps. Plus de 2 milliards d'euros, le cinquième des investissements français en Inde, ont été réalisés à Chennai entre 2008 et 2011.


Devant cette évolution rapide, les structures et institutions au service de la France voient enfin le jour à Chennai. Ainsi, la chambre de Commerce indo française, basée à Mumbai, ouvre-t-elle un nouveau chapitre "Inde du sud" à Chennai. Ce nouveau bureau peut désormais étendre les services de la chambre aux membres du Sud et permet aux entreprises qui le souhaitent d'héberger une ou plusieurs personnes pendant la phase de démarrage de leurs projets en Inde.


Pour la communauté française de Chennai, Les services administratifs offerts par le Consulat général de France à Pondichéry sont en également en voie d'être étendus aux habitants avec un renforcement de la présence consulaire à Chennai. En effet, le nombre d'expatriés a doublé en trois ans et on compte maintenant plus de 300 familles françaises recensées. De même le lycée français de Pondichéry, en collaboration avec l'entreprise Michelin, met en place une structure qui permettra aux enfants de suivre les programmes français à Chennai.


Avec ces structures en place, et un tel engouement de la part de l'industrie française, gageons que Chennai acquiert une visibilité à la mesure des intérêts économiques qu'elle concentre depuis quelques années.


L' informatique à Chennai


Des 1997, le gouvernement bu Tamil Nadu met à exécution sa politique de développement des infrastructures et d'enseignement au profit des activités de service. Construit en l'an 2000, TIDEL park (ci contre) est l'un des premiers centres informatiques. Symbole du développement IT, Il abrite aujourd'hui 12,000 ingénieurs et marque le point nord du "IT Corridor" un boulevard long de 20 Km qui s'étend au sud de Chennai et le long duquel les plus grandes sociétés informatiques se sont installées. Les entreprises françaises sont arrivées tardivement, souvent suite a un rachat comme c'est le cas de Steria (ex-Xansa) en 2005, Cap Gemini (ex-Kambay) en 2006, ou plus récemment Alten qui vient de reprendre les activités de Calsoft.
Dans le domaine de la formation, Le Tamil Nadu compte environ 350 écoles et instituts qui forment plus de 120,000 ingénieurs et techniciens chaque années ; un nombre juste suffisant pour accompagner le développement économique de Chennai.

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